La dynamique d'emploi angevin coupée dans son élan

Sur Angers Loire Métropole, alors que les indicateurs étaient au vert (baisse du taux de chômage depuis mi-mai 2015, croissance de l’emploi salarié privé …), la crise liée à la Covid-19 va venir assombrir l’horizon.

Au début de l’année 2020 l’agglomération angevine connaît un rebond du nombre d’inscriptions à Pôle emploi indépendamment de la mise en confinement de la population liée à la Covid-19 à partir de mi-mars.

Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi de catégories ABC augmente de 5,6% et dépasse les 32 000. Cette tendance à la hausse est particulièrement marquée pour les demandeurs de catégorie A (sans activité et tenus de rechercher un emploi), qui augmentent de 17, 8% et atteignent les 20 000 personnes.

Cette accélération du nombre d’inscriptions à Pôle emploi touche tous les publics, les moins de 25 ans, les plus de 50 ans ou encore les chômeurs de longue durée.

Evolution des DEFM sur Angers Loire Métropole

S’il est un peu tôt pour mesurer pleinement les effets sur l’emploi de la crise économique liée à la Covid-19, il est vraisemblable que l’augmentation des inscriptions à Pôle emploi ne faiblira pas et devrait se poursuivre dans les mois à venir.


Zoom sur le chômage partiel lié à la covid-19

La crise liée à la Covid-19 a engendré une augmentation de l’activité partielle. Entre le 17 mars et le 7 juillet 2020, la demande d’autorisation préalable de chômage partiel dans le Maine-et-Loire a concerné 171 000 salariés, soit 80% des salariés. 14 702 entreprises ont été concernées. Le Maine-et-Loire fait partie des 25 départements français où le recours à l’activité partielle a été le plus important. L’industrie, le commerce ou encore la construction ont été les secteurs les plus demandeurs.


Chiffres du chômage partiel

Un taux de chômage en baisse

Au 1er trimestre 2020, le taux de chômage de la zone d’emploi d’Angers était de 8,1%, son plus bas niveau depuis plus de 10 ans. Cette tendance devrait néanmoins s’inverser courant 2020 avec les 1ers effets consécutifs à la crise sanitaire et économique de la Covid-19.


Evolution du taux de chômage depuis 2009

Une année 2019 faste sur le plan de l'emploi avant les incertitudes de 2020

L’année 2019 s’est avérée une très bonne année pour l’emploi dans l’Ouest de la France. L’agglomération angevine a enregistré une hausse du nombre de salariés de +2,3% derrière Rennes, +2,9% et Nantes +2,7%. La zone d’emploi d’Angers faisait partie des 60 territoires ayant connu la plus forte dynamique en 2019 au-dessus de la moyenne nationale de 1,5%. Ce sont plus de 2 700 emplois qui ont été créés entre 2018 et 2019.


Evolution de l'emploi salarié privé en France

Croissance de l'emploi salarié privé sur Angers Loire Métropole

Au 31 décembre 2019, Angers Loire Métropole compte plus de 97 000 emplois salariés privés, soit 88% des salariés du Pôle métropolitain Loire Angers. Elle enregistre une hausse de l’emploi pour la cinquième année consécutive et la 3e plus forte progression depuis 20 ans. Mais ce sont les communautés de communes Anjou Loir et Sarthe et Loire Layon Aubance qui sont les plus dynamiques, respectivement +3,8% et +4,1% par rapport à 2018, et ont tiré la croissance de l’emploi du Pôle à +2,5%.


Evolution des effectifs salariés privés sur le PMLA

Avec 938 salariés supplémentaires, la ville d’Angers contribue à elle seule à 30% des créations d’emplois salariés du département en 2019. Pour Angers Loire Métropole c’est près des trois quarts.

D’autres communes de première couronne, qui accueillent un tissu économique dense y compris dans des zones d’activités économiques attractives, sont également dynamiques en 2019. On peut citer Trélazé avec + 257 salariés, Beaucouzé +241 ou encore Saint-Barthélemy-d’Anjou avec +191 salariés.

Hors de l’agglomération angevine, Beaulieu-sur-Layon profite en 2019 de l’ouverture des Ateliers Louis Vuitton qui créent 164 postes.


Variation des effectifs salariés privés dans le 49

Le tertiaire majoritaire sur Angers loire Métropole

Angers Loire Métropole compte 138 851 emplois, soit 42,9% des emplois du département. L’économie y est fortement tertiarisée à hauteur de 82,7%, contre 71% en moyenne dans le département.

Ce n’est pas le cas des communautés de communes Anjou Loir et Sarthe et Loire Layon Aubance qui ont un taux d’emploi dans le tertiaire respectivement de 53,7% et 59,6%. Sur Anjou Loir et Sarthe ce sont les emplois dans l’industrie qui sont sur-représentés alors que sur Loire Layon Aubance ce sont ceux de l’agriculture.


Répartition des emplois par grand secteur

Quels secteurs d'activités sont les plus dynamiques ?

Dans l’agglomération angevine, les activités de soutien aux entreprises sont celles qui ont créé le plus d’emplois. Les centres d’appels ont produit 225 nouveaux emplois, les activités de sécurité privée + 203, celles de nettoyage +196. Le deuxième secteur le plus dynamique est celui de l’hébergement social pour personnes âgées avec 219 nouveaux salariés.

A l’inverse, l’hébergement médicalisé pour personnes âgées est le secteur qui a détruit le plus d’emplois en 2019 avec -238 salariés. Viennent ensuite les secteurs des assurances et mutuelles (-187 salariés) et les activités de communication et de publicité avec la suppression de 122 salariés.


Principales évolutions sectorielles

Depuis 10 ans le tissu sectoriel angevin ne cesse de se recomposer au gré de mutations économiques, majoritairement structurelles, rencontrées par les entreprises.

Néanmoins, des spécificités sectorielles demeurent, c’est le cas de la fabrication d’équipements électriques qui compte 4 fois plus d’emplois sur le sol angevin qu’en moyenne en France avec plus de 2 000 salariés. L’enseignement et plus généralement les activités de formation et d’éducation du privé constituent également un véritable marqueur du territoire avec plus de 4 700 salariés (hors emploi public). Ce secteur en hausse constante, +1,9% par an en moyenne, génère 2,5 fois plus d’emplois qu’ailleurs.


Spécificités économiques et atouts

Et les perspectives post covid-19 ?

D’après l’Insee, l’emploi salarié recule de 2,1% au 1er trimestre 2020 en Pays de la Loire. L’intérim perd 25 000 emplois, soit une baisse de 38%. Autres secteurs touchés, l’hébergement et la restauration (-3,2%).

Si l’agglomération angevine, par son tissu économique très diversifié et son dynamisme récent a montré qu’elle résistait relativement mieux que d’autres territoires français aux prémices de la crise économique de la Covid-19, il est encore difficile d’imaginer l’ampleur du choc sur l’ensemble de l’économie locale.

> Retrouvez également la note "Impact économique de la Covid-19 sur le territoire angevin" de juin 2020.