Mes déplacements au quotidien suivis à la loupe

Une enquête pour mieux comprendre les déplacements des habitants d'Angers Loire Métropole au quotidien et anticiper la mobilité de demain.

Nos modes de vie évoluent et, avec eux, notre manière d'appréhender notre mobilité quotidienne.
Quel moyen de déplacement je prends aujourd'hui ? Pourquoi j'utilise ce(s) mode(s) de déplacement(s) ? Pour quelle(s) raison(s) je modifie mes habitudes ? Autant de questions auxquelles l'Aura tente de répondre en s'appuyant sur les résultats de l'enquête qu'elle mène auprès de 41 ménages angevins volontaires depuis 3 ans.

Les résultats de l'enquête en quelques chiffres-clés

Résultats de l'enquête comportement ménages déplacement

Aller plus loin... Ce que disent également les résultats de l'enquête

On retrouve dans les comportements de déplacements de nos ménages, une grande partie des déterminants du choix modal[1] :

  • Les déterminants rationnels :
    • le temps de trajet en premier lieu. Les modes individuels ont ici un avantage indéniable sur les modes collectifs. Plusieurs enquêtés ont d’ailleurs délaissé envisagent de délaisser les transports collectifs au profit de la voiture pour cette raison. Le niveau de service des modes collectifs peut infléchir ce facteur clé du choix modal (fréquence et fiabilité, notamment aux heures de pointe de congestion automobile).
    • Le coût, autre critère objectif dans le choix modal, est plutôt absent dans l’étude (seulement une personne le cite parmi d’autres raisons dans son choix d’abandonner la voiture au profit d’un mode actif). Le coût réel de la voiture est en effet encore aujourd’hui sous-évalué par l’usager, celui-ci ne prenant en compte globalement que les frais variables, notamment le carburant, pour l’estimer.
  • L’influence de l’environnement urbain sous l’approche 3D (densité, diversité, design). La densité et la diversité (concentration de la population, des emplois et des activités) jouent favorablement sur le recours des modes alternatifs. Plusieurs enquêtés ont profité d’un rapprochement de leurs lieux de résidence et de travail pour limiter l’intensité d’usage de la voiture. Toutefois, sans traitement adapté de l’espace public (design urbain), le couple densité/diversité apparait insuffisant. Ainsi, certains enquêtés évoquent le manque d’aménagements et les coupures urbaines pour expliquer l’abandon ou le non recours au vélo. Par contre, l’offre de stationnement encourage nettement le choix de la voiture. En effet, plus de 90% des enquêtés se rendant à leur travail en voiture en tant que conducteur déclarent disposer de façon quasi-certaine d’une place de stationnement à destination. Ce poids s’approche des 40% pour les usagers des autres modes réunis.
  • De nombreux autres facteurs interviennent dans le choix modal.
    • Des contraintes externes peuvent imposer le mode choisi (déposes/reprises d’enfants, déplacements professionnels via sa voiture personnelle...).
    • D’autres facteurs moins tangibles, recouvrant les champs de la psychologie et de la sociologie, sont aussi à prendre en compte. On peut citer ici la perception individuelle des modes et des conditions de déplacements (sentiment d’insécurité pour certain quand il fait nuit par exemple), le rôle du cercle social (comme cette maman qui invite sa fille à adopter une mobilité durable) ou encore les habitudes (seulement 9% des actifs occupés ont changé fortement de modes pour leur déplacement lié au travail)...

« L’essayer c’est l’adopter ». Pour casser ces barrières psychologiques, et inciter les individus à sortir de leur « zone de confort », de nombreuses actions sont possibles. Cela passe par de la communication (pourquoi et comment changer) et de l’information (de l’application mobile dédiée à un mode vers la « MaaS »), par des incitations (challenge, aides financières) et par de l’accompagnement collectif (plan de mobilité employeur, écomobilité scolaire...) ou personnalisé (marketing individualisé, nudges...).

 


[1] Cf. « Les déterminants du choix modal, synthèse des connaissances scientifiques », Institut Paris Région, Février 2020.